Troubles hormonaux : quel rôle pour l’alimentation dans les problèmes de thyroïde, l’endométriose et le SMOP ?
Thyroïde, endométriose, syndrome métabolique ovarien polyendocriens (SMOP)… Les troubles hormonaux sont de plus en plus au cœur des préoccupations. Fatigue, variations de poids, troubles du cycle, douleurs menstruelles, acné, troubles digestifs ou difficultés de fertilité peuvent amener à se questionner sur son alimentation.
Peut-on réellement agir sur ses hormones grâce à l'alimentation ?
La réponse mérite d'être nuancée.
L'alimentation ne remplace pas un traitement médical et ne permet pas de « rééquilibrer les hormones » en quelques jours. En revanche, une alimentation adaptée peut contribuer à couvrir les besoins nutritionnels, soutenir la santé métabolique et cardiovasculaire et, selon la situation, participer à une meilleure qualité de vie.
L'objectif est donc moins de chercher « le régime hormonal parfait » que de construire une alimentation adaptée à sa situation, à ses symptômes et à ses besoins.
Les hormones : pourquoi l’alimentation peut-elle avoir une importance ?
Les hormones sont des messagers produits par différentes glandes et organes. Elles interviennent notamment dans :
le métabolisme énergétique ;
la reproduction ;
le cycle menstruel ;
la croissance ;
la régulation du poids ;
la température corporelle ;
l'humeur et le sommeil ;
la réponse au stress.
L'alimentation fournit les énergie, protéines, acides gras, vitamines et minéraux nécessaires au fonctionnement de l'organisme.
Elle peut également influencer certains paramètres métaboliques comme la sensibilité à l'insuline ou encore le taux de lipides sanguins.
1. Thyroïde et alimentation : quels sont les vrais enjeux ?
La thyroïde produit des hormones essentielles au fonctionnement de nombreux organes.
Lorsque la thyroïde fonctionne insuffisamment, on parle d'hypothyroïdie. Lorsqu'elle produit trop d'hormones, il s'agit d'une hyperthyroïdie.
La prise en charge dépend de la cause et peut nécessiter un traitement médical.
L'alimentation intervient surtout dans la couverture des besoins nutritionnels et dans la prévention des carences.
Iode : indispensable, mais attention aux excès
L'iode est nécessaire à la fabrication des hormones thyroïdiennes.
Les principales sources alimentaires comprennent notamment les produits de la mer, certains produits laitiers et les aliments utilisant du sel iodé.
Cependant, plus d'iode ne signifie pas forcément une meilleure fonction thyroïdienne.
Une consommation excessive d'iode, notamment via certains compléments à base d'algues peut au contraire perturber la fonction thyroïdienne.
Il est donc préférable de ne pas prendre d'iode ou d'algues « pour la thyroïde » sans indication médicale.
Sélénium, fer, zinc : attention aux carences
Certains micronutriments participent au fonctionnement normal de la thyroïde.
Le sélénium, le fer et le zinc ont notamment des rôles biologiques importants.
Mais cela ne signifie pas qu'une supplémentation systématique soit nécessaire.
Avant de prendre plusieurs compléments alimentaires, il est préférable d'évaluer les besoins réels, l'alimentation et, lorsque cela est indiqué, les résultats biologiques avec un professionnel de santé.
2. Endométriose : l'alimentation peut-elle agir sur les symptômes ?
L'endométriose est une maladie gynécologique chronique et inflammatoire qui concerne près de 10 % des femmes. Elle peut notamment provoquer des douleurs, des symptômes digestifs et des difficultés de fertilité.
L'alimentation va notamment aider à la régulation de l'inflammation et au confort digestif.
En pratique, on peut chercher à favoriser progressivement une alimentation comprenant :
une grande variété de légumes et de fruits selon la tolérance digestive ;
des légumineuses lorsqu'elles sont bien tolérées ;
des céréales complètes ou semi-complètes selon les besoins ;
des sources de protéines variées ;
des poissons, notamment les poissons riches en oméga-3 ;
des huiles végétales riches en acides gras insaturés ;
des fruits à coque et graines ;
une consommation limitée d'alcool ;
une quantité raisonnable d'aliments ultra-transformés.
3. SMOP : pourquoi l'alimentation est-elle particulièrement importante ?
Nouvellement appelé syndrome métabolique ovarien polyendocriens (SMOP) et anciennement syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal et métabolique fréquent.
Il peut notamment être associé à :
des troubles de l'ovulation ;
des cycles irréguliers ;
une hyperandrogénie ;
de l'acné ;
une pilosité excessive ;
des difficultés de fertilité ;
des perturbations métaboliques.
Le SMOP est une situation dans laquelle la nutrition peut avoir une place importante dans la prise en charge globale (régulation glycémique, amélioration de l'humeur, du sommeil, des soucis digestifs, prévention des troubles de la thyroïde...).
Et l'insuline dans le SMOP ?
La résistance à l'insuline est fréquente dans le SMOP, mais elle n'est pas présente de la même manière chez toutes les femmes.
Les recommandations générales reposent sur :
une meilleure qualité nutritionnelle ;
un apport suffisant en fibres (régulateurs glycémiques)
un apport suffisant en protéines
une amélioration du ratio oméga 3/6
une activité physique régulière.